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Après l'échec de la maison à 100 000 euros, la maison à 15 euros par jour !!!!
Souvenez-vous. En février 2005, François Borloo, alors Ministre du Logement, annonçait fièrement la maison à 100 000 euros, avec des prévisions de construction de 20 à 30 000 habitations/an.
Mais ce projet ambitieux et généreux - favoriser pour les ménages aux revenus modestes l'accession sociale à la propriété - se révèle être aujourd'hui un fiasco.
En effet trois ans plus tard, seulement 800 maisons ont été livrées ou mises en chantier, à un prix de 120 000 euros ! On est loin du compte et du rêve annoncé par M Borloo : « Grâce à la maison à 100 000 euros, le rêve peut se concrétiser. Pour l'équivalent d'un logement HLM, les ménages aux revenus modestes vont pouvoir acquérir une maison de qualité (...) ».
Si une charte, sous l'égide du Ministère du Logement, définissait des caractéristiques précises auxquelles pouvaient adhérer ceux qui le souhaitaient (élus locaux, professionnels du logement, associations, ....), ce sont surtout les aides et les dispositifs juridiques particuliers (l'anru, le prêt à 0%, dispositif location-accession, mécanisme de dissociation du foncier et du bâti) qui ont permis la construction de ces quelques maisons et non des procédés ou des matériaux de fabrication particuliers ou innovants.
Alors pourquoi ce projet louable dans l'idée, qui permettait d'avoir une maison à soi pour le prix d'un loyer hlm (en termes de mensualités, remboursement en environ 20 ans), a-t-il échoué ?
Les raisons en sont simples : la hausse du prix des matières premières, la difficulté à trouver des artisans ou des collectivités et la variation du prix des terrains d'une région à l'autre.
Prenons l'exemple d'Epinay sur Seine, une des cinquante communes à avoir adhéré à la Charte et une des premières à s'être engagée dans ce dispositif ; en effet, entre la décision et la signature des marchés, le coût de la construction a fait un bond de 18%, ce qui fait que les maisons seront livrées non pas à 100 000 euros mais à 119 000 ! En Bretagne, c'est le prix du foncier qui explose et rend impossible ce dispositif, même avec le Pass foncier, c'est-à-dire la possibilité de dissocier le foncier du bati.
Nouveau gouvernement, nouvelle idée. Mais cette idée est-elle vraiment nouvelle ? Faisons un petit calcul concernant la maison à 15 euros/jour que notre nouveau Ministre du Logement Christine Boutin, annonçait en janvier 2008.
15 euros x 365 x 20 ans = 109 500 euros !!!!
Il semble bien qu'il s'agisse du même plat, mais avec une sauce différente.
De plus, comment ne pas déplorer dans ce nouveau projet, le manque de préoccupation particulière en matière d'énergie, d'eau ou de limitation de gaz à effet de serre ?
Vouloir relancer l'accession sociale est une gageure tout à fait louable mais faut-il pour cela entasser les familles aux revenus modestes à la périphérie des villes, et ghettoiser à nouveau une partie de la population qui se retrouvera loin de tout et dont les déplacements seront coûteux en énergie...
Il n'existe certes pas de solution miracle et revenir en arrière après des décennies de mal-logement est peut-être mission impossible. Mais mixité sociale, innovation et conscience écologique sont des notions essentielles à prendre en compte dans un projet de développement digne de ce nom.
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