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Matériaux bioclimatiques : comment choisir ses matériaux de construction ?Le choix des matériaux de construction bioclimatique est une étape délicate. Ils vont déterminer l'atmosphère de l'habitat. Une maison saine est un lieu bien isolé mais qui respire. L'enveloppe de la construction fait office de frontière entre l'intérieur et l'extérieur.
Comme la peau, les matériaux bioclimatiques doivent assurer une stabilité de la température interne malgré les variations externes, tout en permettant des échanges, tel des pores.
L'emploi de matériaux d'origine animale (laine), végétale (bois, paille) et/ou minérale (pierre, terre) permet le renouvellement naturel de l'air.
Les divers matériaux proposés sont à évaluer en fonction de leur coût, de leurs propriétés, de leur approvisionnement et de leur impact environnemental.
Le prix d'achat est un indicateur à prendre en compte car il permet une comparaison chiffrable aisée entre les différents produits.
Cependant, à long terme, un achat de base plus élevé pourra être largement amorti grâce à des économies d'énergie.
Hormis les caractéristiques techniques des matériaux, n'oubliez pas de vous informer sur leur coût de mise en place, leur entretien, leur longévité.
en fonction de leurs propriétés
Le coefficient de conductivité thermique est le flux de chaleur qui traverse un cube d'1m3 lorsque deux parois ont une température différente de 1°C.
Ce coefficient augmente avec la température mais surtout avec l'humidité qui affecte les propriétés des matières poreuses (l'eau est 25x plus conductrice que l'air !).
L'épaisseur du matériau " e " va déterminer sa résistance. Plus R est élevé et plus il est isolant. Voir outil pratique calcul propriétés isolantes des matériaux
Flux de chaleur nécessaire pour élever de 1°C la température d'1m3 de matériau.
Elément essentiel, c'est sa capacité à emmagasiner l'énergie. Pour les parois extérieures, il faudra privilégier les matériaux à " S " élevé.
Ce coefficient caractérise la vitesse dont un matériau transporte des flux thermiques. Il sera également important pour le choix en fonction de l'utilisation des pièces. On penchera vers des matériaux avec " Ef " élevé pour les pièces donnant au sud ou à l'ouest, pour une utilisation quotidienne.
Le corps humain a besoin d'un taux d'humidité moyen pour son bien-être qui se situe entre 35% et 50%.
Le manque ou l'excès de vapeur d'eau en suspension dans l'air entraînent des désagréments physiologiques. Ces variations peuvent être diminuées par la " capacité respiratoire " des matériaux utilisés.
Il faut veiller à bien différencier les caractéristiques parfois rendues floues.
Plus " µ " sera faible et plus la vapeur d'eau pourra s'évacuer rapidement à travers le matériau. Le diamètre des pores n'a ici aucune incidence car les molécules d'eau sont plus petites que les molécules d'air et que les autres particules en suspension.
La capillarité va déterminer la vitesse d'absorption (succion) d'une quantité d'eau par unité de temps pour une surface d'1m². C'est elle qui conditionne la durée de séchage d'un mur imbibé.
Ce taux donne un pourcentage de la quantité de saturation en eau des pores des matériaux. Les matériaux à grande capacité de stockage devront être préservés de toute infiltration afin d'éviter une lente dégradation.
Là on se heurte à un problème philosophique, et il y aura toujours ceux qui estimeront avoir un rôle à jouer dans la limitation de leur impact carbone et ceux qui ne se sentent pas concernés, entre les intégristes et les réfractaires une voie semble pourtant se dessiner, l'innovation, les labels et certaines normes qui même si elles ont des aspects pervers, vont quand même dans le sens de l'histoire.
Il faudra être prudent cependant et ne pas suivre les sirènes des nouveaux commerçants opportunistes qui sentant le vent tourner, vous vantent des produits bio qui sont surtout et avant tout, des produits chers avec une marge multipliée par trois pour eux (sans grande lisibilité sur la vraie composition). Autre écueil, certains très bons matériaux demandent un apprentissage, voir des recherches fastidieuses afin d'être correctement mis en œuvre !
Attention aussi, aux vraies fausses bonnes idées comme par exemple les agro-carburants qui affament déjà des populations entières. Mais sur ce domaine des matériaux écologiques il existe chez Eyrolles par exemple de très bons ouvrages complets que je vous recommande.