DPE

Jean-François Martin  Publié le - Mis à jour le 21 juin 2019


Si, selon une enquête d'Ifop, 80 % des acquéreurs de maison individuelle se basent sur le DPE pour leur décision d'achat de maison ou d'appartement, il était légitime que l'état réforme le Diagnostic de Performance Energétique pour le rendre plus compréhensible pour les acheteurs (et les vendeurs !) et plus qualitatif au niveau des calculs.

DPE
DPE

Obligatoire depuis janvier 2011 sur les annonces immobilières (location et vente), le DPE, outil désormais très important de structuration du marché, s'enrichit à partir de janvier 2012 de nouvelles mesures :

  • relevé officiel plus détaillé avec des données explicitées par un diagnostiqueur dont le niveau de formation a été relevé (Bac + 2 au lieu de 1 semaine actuellement !) ;

  • augmentation du nombre de données (60 au lieu de 30) avec une réduction des valeurs par défaut pour les données non renseignées ;

  • optimisation des logiciels validés par le Ministère et l'Adème pour une meilleure convergence des résultats ;

  • mise en place par l'état d'un annuaire des diagnostiqueurs et, dès janvier 2013, vérification sur site de la procédure de certification et des compétences du diagnostiqueur ;

  • création d'une base de données DPE en ligne qui devrait permettre d'élaborer de meilleures stratégies de performance énergétique au niveau local et national...

DPE et rénovation : le nouveau label BBC-Effinergie Rénovation

La nécessité (prix du gaz et de l'électricité en constante augmentation...) ou la volonté (intérêt pour le développement durable...) d'acheter un logement peu énergivore et de se fier pour cela au DPE va pousser les propriétaires à rénover un bien immobilier avant de le vendre, sachant que les maisons énergivores (facture de chauffage qui peut aller de 1 à 10 entre une maison bbc classe A et une maison énergivore classe G !) peuvent subir une forte décote (jusqu'à 30 %), décote d'autant plus amplifiée que la maison est mal située.

Les futures améliorations portées au DPE devraient rendre cet outil plus performant et permettre une réelle évaluation de la consommation énergétique moyenne d'un bâtiment et de la quantité de gaz à effet de serre produite par les équipements (production d'eau chaude sanitaire, chauffage…).

L'enjeu de la rénovation aujourd'hui est énorme dans la mesure où 2/3 des logements construits avant 1975 se situent, au niveau de la performance énergétique, entre E et G (231 à plus de 450 kWh/an/m²) ; en ce qui concerne les logements d'après 1975, ce n'est guère mieux puisque leur niveau de performance énergétique se situe en moyenne autour de 224 kWh/an/m².... Ils sont par contre mieux placés au niveau de l'étiquette climat (émission de GES) avec une moyenne de 21 (contre 44 pour les logements d'avant 1975).

L'enjeu de la maîtrise de nos énergies est donc de taille en ce qui concerne :

  • la rénovation de nos logements anciens : plus de 17 millions de logements en France datent d'avant 1975 (sur les 31 millions) et sont considérés comme anciens car antérieurs à la première réglementation thermique.

  • les nouvelles constructions (environ 1% chaque année).

Représentant 30 % de la consommation d'énergie et 15 % des émissions de gaz à effet de serre, le secteur du logement doit être mis aux nouvelles normes et le nouveau DPE devrait favoriser cette évolution.

Avec le lancement du label BBC-Effinergie Rénovation, Effinergie souhaite amener les logements anciens à un niveau de performance énergétique comparable à celui d'un bâtiment neuf bbc, à savoir au minimum 80 kWh/an/m².