L’autoconstruction, meilleure alliée de la permaculture

Jean-François Martin  Publié le - Mis à jour le 04 juillet 2019


Nouvelle lubie des milieux alters ou dernière tendance New Age, la permaculture ? Ni l’une, ni l’autre. Ce phénomène, introduit par deux scientifiques australiens en 1978, préconise le travail de la terre conformément à, et non à l’encontre de, la nature. Une philosophie qui prône l’autosuffisance et met pour cela en avant l’autoconstruction. 

La permaculture, qu’est-ce que c’est ?

Le terme de permaculture désigne l’effort entrepris pour atteindre et développer des systèmes agricoles pérennes et autosuffisants, sans bousculer le fonctionnement des écosystèmes locaux mais en s’adaptant justement à leur spécificités. Prenons un exemple : le jardinier qui ne pratique pas la permaculture ne verra pas d’inconvénients à faire voisiner tomates et concombres dans la même plate-bande. En quoi est-ce si gênant ? Le jardinier permacole vous répondra que ces légumes ne forment pas une bonne association car les plantes qui les produisent sont toutes deux sujettes à des maladies cryptogamiques (causées par un champignon parasite). Elles s’entraîneront donc dans une spirale de maladies dont elles ne se remettront que difficilement. Au-delà des préoccupations agricoles, la permaculture est une approche globale, qui intéresse également l’habitat et la consommation : c’est ainsi que plusieurs techniques de construction entrent directement dans la démarche permacole. Fidèle au trio des valeurs de la permaculture (prendre soin de la Nature, prendre soin de l’Homme – présent et à venir – et créer de l’abondance tout en redistribuant les excédents) voici donc quelques techniques de construction pour favoriser la symbiose entre l’homme et la nature.

Rocket Stove, goutte à goutte solaire, briques en torchis : quelques techniques de construction pour favoriser la permaculture au jardin

 

Et si vous réduisiez de deux à six fois la quantité de combustible nécessaire par rapport à vos modes de cuisson habituels ? C’est le petit miracle que permet le Rocket Stove, un poêle simple à réaliser soi-même afin de cuisiner ou de se chauffer. Afin de réaliser votre Rocket Stove – qui doit son nom de « rocket » (fusée en Anglais) au son qu’il produit lorsqu’il fonctionne à plein régime – vous n’aurez besoin que d’un minimum de matériel de récupération. Un tube coudé en acier est inséré dans un baril (ou une bonbonne de gaz vide et décalottée) de manière à ce que les embouts ressortent à la surface et sur une ouverture découpée dans le flanc. Tout autour du tube-foyer ainsi soudé, le baril est rempli de cendre de bois tamisée ou de vermiculite qui, l’un ou l’autre, feront effet d’isolant, favorisant ainsi la combustion du bois dans le tube-foyer. La calotte du baril est ressoudée à la surface de manière à obtenir une grille de cuisson et le tour est joué !

 

Quid de la récupération de l’eau ? La technique du goutte à goutte solaire (ou « Kondenskompressor ») est une technique optimale d’arrosage qui permet de réduire jusqu’à dix fois la consommation en eau d’une plantation. Par quel biais ? En emboîtant tout simplement deux bouteilles d’eau transparentes de tailles différentes l’une dans l’autre. Pour réaliser un Kondenskompressor il suffit de découper la partie inférieure d’une bouteille d’un litre que vous remplirez d’eau et poserez sur une plate-bande à proximité d’une plante. Vous découperez ensuite la moitié supérieure d’une bouteille de 5 litres que vous installerez par-dessus (avec le bouchon vissé). Sous l’action des rayons solaires, un mini effet de serre surviendra qui provoquera l’évaporation de l’eau contenue dans le petit récipient. Par évaporation puis condensation, les gouttes d’eau se répartiront de manière uniforme sur une petite zone sans aucune déperdition dans l’air ambiant. Ce système est d’autant plus intéressant qu’il fonctionne même avec de l’eau saumâtre.

Pour finir, la permaculture c’est aussi une question d’habitat : la maison est, au même titre que le jardin, un élément à intégrer dans la nature. Et quoi de mieux pour cela que d’utiliser la terre comme élément principal de construction ? C’est ce que permet la technique du torchis : un mélange de terre argileuse, d’eau et de fibres (paille, foin) qu’il est possible de laisser « cuire » au soleil dans un coffrage afin d’obtenir… des briques de construction !

Sujet d’avenir de plus en plus médiatisé, la permaculture ne manquera sans doute pas de se réinviter dans les pages de notre site. En attendant, revoici les valeurs de cette pratique, à méditer en V.O : « Earth care, People care, Fair Share » (Soin à la planète, soin aux personnes, partage équitable)